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Une protection solaire de l’intérieur : le rôle de l’astaxanthine et du bêta-carotène naturel

L’été s’est définitivement installé, et la protection de votre peau contre le soleil est à nouveau un sujet brûlant. En matière de protection solaire, la plupart des gens pensent tout de suite – et à juste titre – à la crème solaire. Mais saviez-vous que vous pouvez également aider votre peau à se protéger de l’intérieur contre les effets nocifs des rayons UV ? Certaines substances nutritives, notamment les caroténoïdes, jouent un rôle important à cet égard. Elles ne protègent pas la peau au même titre qu’une crème solaire, mais elles l’aident à mieux gérer le stress oxydatif dû à une exposition au soleil. . 

Dans ce blog, nous exposons les connaissances scientifiques sur deux des caroténoïdes les plus étudiés – l’astaxanthine et le bêta-carotène naturel – et nous expliquons ce qu’ils ne sont pas en mesure de faire.


Quels sont les effets des rayons UV sur la peau ?

Lorsque les rayons UV atteignent la peau, de grandes quantités d’espèces réactives de l’oxygène (Reactive Oxygen Species ou ROS) sont formées. Ces radicaux libres découlent d’une réaction normale à la lumière du soleil, mais lorsqu’ils apparaissent en trop grande quantité, il se produit un stress oxydatif.

Ces radicaux libres peuvent alors :

  • endommager les graisses dans les membranes cellulaires ;
  • provoquer des lésions de l’ADN ;
  • dégrader le collagène et l’élastine ;
  • aggraver les réactions inflammatoires ;
  • et ainsi accélérer le vieillissement cutané.

Selon les estimations, 80 à 90 % du vieillissement cutané visible sont la conséquence d’une exposition chronique aux rayons UV. Les UVB causent principalement des dommages dans les couches superficielles de la peau et des coups de soleil, tandis que les UVA pénètrent plus en profondeur et sont avant tout responsables de la dégradation du collagène, des modifications de la pigmentation et du vieillissement prématuré de la peau.¹

Comme le montre très bien la photo ci-dessus ⁸ :

Les particules ROS déclenchent un effet domino au niveau des protéines (la voie MAPK, qui comprend notamment ERK, JNK et p38). Cette voie de signalisation active des commutateurs génétiques spécifiques (les facteurs de transcription c-Fos et c-Jun). Le résultat ? Votre peau commence à dégrader le collagène plus rapidement, ce qui entraîne directement un photovieillissement (rides et perte de volume)..

Dommages directs à l’ADN et cancer de la peau (schéma à gauche)

Le rayonnement UV affecte également directement le matériel génétique présent dans le noyau cellulaire. Il déforme la structure de l’ADN en créant des liaisons erronées : les dimères de cyclobutane-pyrimidine (CPD) et les photoproduits 6-4. Si l’organisme ne répare pas ces erreurs à temps, il en résulte une instabilité génomique et des mutations dans le gène p53, un gène suppresseur de tumeurs essentiel. Lorsque ce gène protecteur cesse de fonctionner, le risque de développer un cancer de la peau augmente considérablement.

Pourquoi votre peau change de couleur : la biochimie derrière la pigmentation (schéma à droite)

Le bronzage de la peau est en réalité une réaction de survie. Le rayonnement UV active un réseau complexe de voies de communication entre les cellules (telles que les voies de signalisation α-MSH/MC1R, Wnt/β-caténine, SCF/c-Kit, EDN1/EDNRB et NO). Toutes ces différentes « autoroutes » biologiques convergent vers un « ordinateur » central : le facteur de transcription MITF. Cette protéine régule la mélanogénèse (la production et le dépôt de pigment). La peau produit davantage de mélanine afin de former un bouclier protecteur autour des noyaux cellulaires, ce que nous percevons comme une couleur brune ou un pigment.


Les caroténoïdes : des antioxydants qui s’accumulent dans la peau

Les caroténoïdes sont des colorants naturels qui confèrent leur couleur rouge, orange ou jaune aux fruits et légumes, ainsi qu’à certaines algues. Grâce à leur longue chaîne de doubles liaisons conjuguées, ils font partie des antioxydants naturels les plus puissants.

Une caractéristique spéciale des caroténoïdes est qu’après leur absorption par l’alimentation, ils s’accumulent effectivement dans la peau. Ils sont transportés via les lipoprotéines dans le sang vers l’épiderme et le derme, où ils forment une partie de la défense antioxydante naturelle.¹ ² ⁶

Sous l’influence d’une lumière du soleil intense, la quantité de caroténoïdes dans la peau diminue de manière mesurable. C’est l’indication qu’ils sont consommés pendant leur action antioxydante. Une alimentation riche en caroténoïdes ou un complément alimentaire parfaitement composé peut réapprovisionner ce stock dans la peau.² Notre organisme n’est pas en mesure de produire lui-même des caroténoïdes. Nous dépendons donc entièrement de notre alimentation ou de compléments alimentaires à cet égard. La recherche a démontré que l’apport en caroténoïdes est beaucoup trop bas chez de nombreuses personnes.²

Deux caroténoïdes avec une attention particulière pour la peau

Bêta-carotène naturel

Le bêta-carotène est un caroténoïde qui est présent naturellement dans les fruits et légumes de couleur vive, comme les carottes, les patates douces, les citrouilles, les épinards, les brocolis et les mangues.¹ Il est la principale provitamine A : si nécessaire, l’organisme transforme le bêta-carotène en vitamine A. Cette vitamine joue un rôle essentiel dans la croissance normale et la régénération des cellules de la peau, et contribue au maintien d’une peau normale.

De plus, le bêta-carotène agit comme un puissant antioxydant. Il aide à neutraliser les espèces réactives de l’oxygène (ROS), qui apparaissent sous l’influence des rayons UV, et soutient ainsi la protection des cellules de la peau contre les dommages oxydatifs. En particulier l’oxygène singulet, une forme très réactive d’oxygène qui se forme pendant l’exposition à la lumière du soleil, est efficacement neutralisé.¹

Après son absorption par l’alimentation, le bêta-carotène est absorbé avec les graisses dans l’intestin grêle et transporté via les lipoprotéines vers différents tissus, dont la peau. Il s’y accumule progressivement dans l’épiderme, où il fait partie du système de défense antioxydant naturel. ¹ ² ⁶

 

Astaxanthine

L’astaxanthine est un caroténoïde rouge provenant de la microalgue Haematococcus pluvialis. Elle est considérée comme l’un des antioxydants naturels les plus puissants actuellement connus.

Sa capacité à neutraliser l’oxygène singulet – une des formes les plus réactives d’oxygène qui est due à l’exposition aux rayons UV – est plus de dix fois plus élevée que celle du bêta-carotène.¹

Par ailleurs, l’astaxanthine se distingue par son aptitude à se positionner sur la face tant interne qu’externe des membranes cellulaires. De cette façon, elle protège l’intégralité de la membrane cellulaire contre les dommages oxydatifs, ce que peu d’antioxydants sont en mesure de faire. Différentes études expérimentales démontrent en outre que l’astaxanthine peut réduire les réactions inflammatoires et qu’elle inhibe l’activation d’enzymes (métalloprotéinases matricielles (MMP) qui sont responsables de la dégradation du collagène. Ainsi, elle peut non seulement limiter les dommages oxydatifs, mais potentiellement aussi contribuer au maintien de la fermeté et de l’élasticité de la peau.¹ ⁵

L’astaxanthine est présente principalement dans des chaînes alimentaires marines, car elle est produite initialement par des microalgues (Haematococcus pluvialis) et ensuite absorbée par des animaux marins..

Les principales sources dans l’alimentation sont les suivantes :

  • Saumon (principalement le saumon sauvage)
  • Truite
  • Krill
  • Crevette
  • Crabe
  • Homard

Ces produits doivent leur couleur rose-rouge intense en grande partie à l’astaxanthine. La concentration présente dans les aliments varie fortement et est généralement relativement faible en comparaison avec les extraits standardisés sous forme de complément.

 

Que dit l’étude clinique ?

Plusieurs études cliniques sont désormais disponibles, tant pour le bêta-carotène que pour l’astaxanthine. ² ⁴ ⁶

Pour le bêta-carotène, on a entre autres décrit une diminution des rougeurs induites par les UV (érythèmes), moins de lésions de l’ADN, une meilleure production de collagène et des effets bénéfiques sur l’élasticité de la peau et les ridules. Les effets protecteurs sont observés principalement après une prise quotidienne sur le long terme, pendant au moins dix semaines.¹ ³

Les résultats sont également prometteurs pour l’astaxanthine. Dans des études randomisées contrôlées contre placebo, un apport quotidien de 4 à 12 mg pendant plusieurs semaines a amélioré, entre autres :

  • la résistance aux rougeurs induites par les UV ;
  • l’hydratation de la peau ;
  • l’élasticité de la peau ;
  • la texture de la peau;
  • la perte d'eau transépidermique (TEWL), une mesure pour la fonction de barrière de la peau
  • et dans certaines études également l’apparence des ridules.²,⁵

Les chercheurs expliquent ces effets par une combinaison d’action antioxydante, de réduction des réactions inflammatoires et de protection des fibres de collagène contre la dégradation.

Bien que les résultats soient prometteurs, les évaluations scientifiques signalent que les études disponibles sont souvent d’envergure relativement petite et diffèrent quant au dosage et à la durée de l’étude. Des études plus poussées sont donc souhaitables.²

Des compléments à la crème solaire, pas des substituts

Il n’y a pas vraiment de discussion à ce sujet.

Les compléments alimentaires à base de caroténoïdes ne constituent pas une alternative à la crème solaire. La protection qui est constituée par le biais de caroténoïdes oraux correspond à un facteur de protection relativement bas (environ SPF 2 à 4), ce qui est insuffisant pour prévenir les coups de soleil ou les dommages dus aux UV à long terme. ² ⁴ ⁶

Leur principale valeur ajoutée réside dans le soutien de la défense naturelle de la peau contre le stress oxydatif sur toute la surface de la peau. La crème solaire reste indispensable pour arrêter directement les rayons UV.

Ainsi, la protection de l’intérieur et de l’extérieur se complètent.


Timing: commencez en temps utile

Une différence importante avec la crème solaire réside dans le fait que les caroténoïdes ont besoin de temps pour agir.

Ils doivent d’abord s’accumuler dans la peau avant qu’un effet protecteur ne se produise. La plupart des études ne montrent qu’après huit à dix semaines d’apport quotidien une amélioration mesurable de la résistance aux dommages dus aux UV. Étant donné que les caroténoïdes sont liposolubles, ils sont en outre mieux absorbés pendant le repas.² ⁸

 
Le dosage dans la pratique

Dans les études cliniques humaines sur la santé de la peau, l’astaxanthine et le bêta-carotène sont généralement utilisés dans des plages de dosage fixes et bien étudiés. Pour l’astaxanthine, cette plage se situe généralement entre 4 et 12 mg par jour, pendant une période d’environ 6 à 12 semaines, où des effets sur l’hydratation de la peau, l’élasticité et la sensibilité aux UV sont observés.¹⁵

Pour le bêta-carotène, des dosages de 15 à 30 mg par jour sont généralement utilisés dans les études, pendant au moins 8 à 12 semaines, avant qu’un effet sur la résistance de la peau aux rayons UV ne devienne visible.¹ ³ ⁴

Étant donné que les caroténoïdes sont liposolubles, ils sont en outre mieux absorbés pendant le repas, avec un peu de graisse.²


En résumés

  • Les rayons UV causent un stress oxydatif et accélèrent le vieillissement de la peau.
  • Les caroténoïdes comme le bêta-carotène naturel et l’astaxanthine soutiennent la défense antioxydante naturelle de la peau.
  • Ils s’accumulent progressivement dans la peau et aident à neutraliser les radicaux libres..
  • • Outre son action antioxydante, l’astaxanthine semble également inhiber les réactions inflammatoires et la dégradation du collagène..
  • Des études cliniques présentent des effets bénéfiques sur les rougeurs, l’hydratation, l’élasticité et la texture de la peau.
  • La protection reste toutefois limitée et ne remplace jamais une crème solaire.
  • Un effet visible requiert un apport régulier pendant au moins huit à dix semaines.


Bronnen

  1. Ma Y, Li C, Su W, et al. Carotenoids in Skin Photoaging: Unveiling Protective Effects, Molecular Insights, and Safety and Bioavailability Frontiers. Antioxidants. 2025;14(5):577.
  2. Baswan SM, Klosner AE, Weir C, et al. Role of ingestible carotenoids in skin protection: A review of clinical evidence. Photodermatology, Photoimmunology & Photomedicine. 2021;37:12–26.
  3. Stahl W, Heinrich U, Wiseman S, et al. UV light, beta-carotene and human skin: beneficial and potentially harmful effects. Archives of Biochemistry and Biophysics. 2001;389:26–30.
  4. Stahl W, Sies H. β-Carotene and other carotenoids in protection from sunlight. American Journal of Clinical Nutrition. 2012;96(5):1179S–1184S.
  5. Tominaga K, Hongo N, Karato M, Yamashita E. Cosmetic benefits of astaxanthin on humans. Acta Biochimica Polonica. 2012;59(1):43–47.
  6. Sies H, Stahl W. Nutritional protection against skin damage from sunlight. Annual Review of Nutrition. 2004;24:173–200.
  7. Krutmann J, Bouloc A, Sore G, Bernard BA, Passeron T. The skin aging exposome. Journal of Dermatological Science. 2017;85(3):152–161.
  8. Zhao C, Wu S, Wang H. Medicinal Plant Extracts Targeting UV-Induced Skin Damage: Molecular Mechanisms and Therapeutic Potential. Int J Mol Sci. 2025 Mar 4;26(5):2278


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